lundi 29 août 2022

Remember (Walkin’ in the Sand)

Ma compagne est une aficionado des réseaux sociaux, dont TikTok. Ce dernier fait la part belle aux vidéos et on retrouve souvent les mêmes extraits musicaux en boucle. L'un des plus populaires est un extrait contenant notamment un "oh no, oh no, oh no no no no no" désespéré, star des bandes originales de vidéos montrant des catastrophes (drôles en général). Une fois n'est pas coutume, on va commencer par la reprise (un remix répétitif en vérité).

 

Avant de révéler qui est l'interprète original de ce morceau, il faut savoir que le sample repris à l'envi sur TikTok vient d'un morceau du rappeur américain Capone, "Streets Favorite", datant de 2005. Assez cool.

A force d'entendre cet extrait en boucle, j'ai voulu savoir d'où il venait. Heureusement, ce ne fut pas très difficile à trouver. Il s'agit donc du sample d'une chanson bien ancienne, datant de 1965 et interprétée par l'éphémère groupe féminin américain The Shangri-Las. Elle a été écrite par leur compositeur attitré, Shadow Morton.


Je ne la connaissais donc pas vraiment, bien que ce fut un grand tube à l'époque et qu'il a été repris par plusieurs artistes connus. Notamment par Aerosmith en 1979 et figurant, entre autres, sur leur best of que je possède (et ai donc déjà écouté !). J'aime beaucoup leur reprise, qui a connu son petit succès également, assez fidèle avec son refrain jazzy (et l'une des Shangri-Las dans les choeurs) tout en y ajoutant une touche rock bien à eux.


La même année, "Remember (Walkin’ in the Sand)" était également reprise par Louise Goffin, fille du duo magique de compositeurs américains Carole King et Gerry Goffin. C'était sur son premier album, "Kid Blue". Sa version, plus jazzy, a réussi à aller plus haut dans les charts que celle d'Aerosmith, même si c'est plutôt celle de ces derniers qui est restée dans les mémoires.

Plus récemment, en 2010, "Remember (Walkin’ in the Sand)" figurait sur un album de reprises live du guitariste britannique Jeff Beck. Il y accompagne prodigieusement l'Irlandaise Imelda May qui est au chant. 

 


Enfin, pour rester dans les artistes connus, il est à noter que le morceau des Shangri-Las a également servi d'intro sur scène pour Amy Winehouse et les Red Hot Chili Peppers pour des morceaux à eux.

samedi 2 mai 2015

I'd love to change the world

Ten Years After est un très chouette groupe de rock britannique, mené par le grand guitariste Alvin Lee, apparu à la fin des années 1960 et qui dura un peu moins de dix, jusqu'au milieu des années 1970. Ils se reformeront des années plus tard, à plusieurs reprises, mais l'essentiel de leur oeuvre a été constitué à leurs débuts. En 1971, ils sortent leur album "A Space in time" et le très grand hit qui va avec "I'd love to change the world", qui va les faire beaucoup plus largement connaître. C'est pour moi l'une des meilleures chansons rock de tous les temps. La mélodie mélancolique colle parfaitement au texte à la fois protestataire et désabusé (marquant totalement cette époque charnière de l'histoire), et la lead guitar d'Alvin Lee - solo compris - est sublime. Bref, c'est un chef d'oeuvre.


Malgré sa très grande qualité, "I'd love to change the world" n'a été que peu reprise et assez tardivement. Il faut attendre les années 1990 pour voir apparaître les première tentatives. On retrouve notamment en 1994 cette reprise par les hard rockers de L.A. Guns, très fidèle, mais très bonne aussi. Elle est présente sur l'album "Vicious Circles".


En 2007, c'est un autre groupe américain formé au début des années 1980, Tesla, qui tente sa chance sur son EP "A Peace of time". Cela reste encore très "copié" sur l'originale, avec quelques effets de voix pour varier et de multiples solos. Moins convaincante que la précédente, mais pas trop mal non plus.

Cinq ans plus tard, "I'd love to change the world" et sa mélodie tape dans l'oreille d'un rappeur. C'est l'Américain Chris Webby qui s'en empare et la sample pour un morceau qui n'en détourne pas forcément le message puisqu'il s'intitule "Change the world" et se sert des paroles originales comme base. Une bonne idée et le résultat est plutôt bien.


Pour ma part, j'ai découvert le morceau de Ten Years After par son utilisation dans le film "Tropic Thunder", de Ben Stiller. Il a récemment été redécouvert l'an dernier à travers le monde par une reprise de la jeune Britannique Jetta utilisée dans pas moins de deux films : "Dawn of the Planet of the Apes" et "Terminator Genisys". Pour le coup, sa reprise détonne d'autant plus que les précédentes par le fait qu'il s'agit d'une femme et qu'elle a complètement retravaillé le morceau original pour le mettre à la mode du jour, à la fois symphonique et technologique, voire même plus obscur. Bien joué.


samedi 4 octobre 2014

Try some, buy some

Pour changer, voici une chanson qui a été reprise par son propre compositeur après l'avoir offerte dans un premier temps à une autre chanteuse. C'est donc "Try some, buy some" de George Harrison. Composée pendant les sessions de son premier album solo, "All Things must pass" (1970), le morceau a terminé en single pour Ronnie Spector qui voulait relancer sa carrière mise en pause avec un album sorti chez Apple. Sauf que son producteur de mari, Phil Spector, a fait des siennes et ce n'est qu'un seul single qui est sorti en 1971. Mais la chanteuse n'a pas aimé cette pure production Spector avec un texte 100% Harrison, très mystique et obscur, qu'elle n'a pas compris. Pourtant, "Try some, buy some" va si bien à sa voix puissante et mélancolique.


Deux ans plus tard, George Harrison décide de se réapproprier sa chanson pour son album "Living in the material world", conservant la même orchestration de Phil Spector. Evidemment, il n'a pas la superbe voix de Ronnie Spector, mais l'ex-Beatles apporte assurément une plus grande vérité et sincérité dans l'interprétation. On sent une véritable dévotion dans sa manière de chanter.


Bien plus tard, en 2003, un autre artiste et non des moindres, David Bowie, reprendra ce titre, l'un de ses préférés "de tous les temps" dit-on, pour l'album "Reality". Sa version est assez fidèle à l'originale, avec une orchestration à peine moins massive et une interprétation se rapprochant plutôt de celle de Ronnie Spector, sans effusion.


samedi 6 septembre 2014

Every Night

"Every Night" est l'un des classiques de Paul McCartney, sorti en 1970 sur son premier album solo, "McCartney". D'abord proposé aux Beatles, le morceau, comme la plupart des autres du disque, ont fini sur ce dernier. C'est une bien jolie chanson d'amour, évoquant des sentiments ambivalents, l'agitation et la paresse. Sur la version originale de l'album, Paul McCartney joue de tous les instruments (comme sur le reste du disque d'ailleurs).


Parmi les reprises de "Every Night", voici celle de Phoebe Snow, chanteuse folk américaine à la voix grave et puissante, peu connue par chez nous. Elle a percé au milieu des années 1970 avec son plus grand succès, "Poetry Man". En 1978, elle ouvre son album "Against the grain" (coproduit par Phil Ramone) avec le morceau de Paul McCartney dans une version assez proche de l'originale, quoiqu'un peu plus musclée, mais tout à fait jolie aussi. On approuve.

                                      

samedi 3 mai 2014

Out of time man

La Mano Negra a été l'un des groupes de rock alternatif français les plus importants et continue de le rester, les années passant. Surtout peu de nouveaux ont eu une aura internationale comme eux, à part peut-être Phoenix, dans un genre différent, plus pop. Après leur séparation en 1994, Manu Chao a poursuivi le flambeau en solo et sa renommée n'a été que décuplée. Parmi les excellents titres du regretté groupe, "Out of time man", sorti en 1991 sur l'album "King of Bongo". Chanté en anglais sur une délicieuse et mélancolique mélodie reggae, le texte, lui aussi très réussi, raconte la course contre la montre d'un amoureux transi et toujours en retard.


En 2005, une nouvelle version de la Mano Negra faisait surface pour la sortie d'un Best of. Plus rock, elle est intéressante, même si son énergie lui fait perdre le charme de la version originale.


Quatre ans avant cette version alternative, Le Maximum Kouette, groupe reggae féminin et français né au moment de la séparation de la Mano Negra, rendait hommage à ces derniers dans un album qui lui était dédié. Parmi les reprises, un "Out of time man" ralenti et même beaucoup plus reggae que l'original. Pas mal.


Dernière reprise connue en date, celle de l'Australien Mick Harvey (ancien Bad Seed avec Nick Cave), en 2007 pour son album "Two of diamonds". Son utilisation en générique de fin du pilote de "Breaking Bad" a permis de donner à "Out of time man" une nouvelle popularité internationale. Il faut dire que la version de Mick Harvey est excellente, lorgnant du côté du "The Passenger" de Iggy Pop dont l'influence mélodique peut se ressentir sur le morceau original.


samedi 24 août 2013

I should have known better

En tant que fan, j'adore une très grande majorité des chansons des Beatles. Mais dans cette adoration, il y a évidemment des catégories. Et dans la catégorie "coups de coeur", il y a "I should have known better". Enregistrée en 1964 pour figurer sur la bande originale du film "A Hard days's night", elle est de ces chansons, courtes et efficaces, que tu as envie de chanter à tue tête avec un groupe d'amis.


Et c'est exactement ce qu'on fait les Beach Boys lorsqu'ils ont repris la chanson sur leur album "live" et en acoustique "Beach Boys' Party !", sorti en 1965. Cela ne mange pas de pain, mais c'est tout à fait dans l'esprit de la chanson et cela colle parfaitement à ce que j'ai envie d'entendre.


vendredi 24 mai 2013

If not for you

On reste avec l'ami George Harrison et ses reprises de choix. La première qu'il fit, en solo, fut "If not for you", une très belle chanson de son ami Bob Dylan, sortie en 1970 sur l'album "New Morning". La version du chanteur américain est rapide - peut-être trop - et enjouée, très musicale.


Bob Dylan - If Not for You

La même année, George Harrison la reprend pour son premier triple album solo, "All Things must pass". N'en déplaise au maître, la version de l'ex-Beatles est un bijou, douce et mélodieuse à la fois, plus lente et sans doute bien meilleure que l'originale.


Les deux hommes la reprendront ensemble, lors d'essais de son pour le Concert for Bangladesh de 1971, organisé sous la houlette de George Harrison. Un duo acoustique qui laisse rêveur, mais qui ne sera finalement pas adopté pour le concert.


L'ex-Beatles reprendra "If not for you" une dernière fois, sur cette même scène du Madison Square Garden de New York, près de vingt ans plus tard, en 1992, lors d'un concert hommage aux trente ans de carrière de Bob Dylan. Sa voix n'est plus ce qu'elle était depuis longtemps - son look non plus ! - et sa version se rapproche alors de l'originale de son ami. Moins intéressante donc.